Amour apocalypse - Critiques "Jury jeunes ambassadeurs du cinéma - Rencontres Cinessonne"
Au printemps 2024 Cinessonne a postulé à l’appel à projet porté par le CNC intitulé «les ambassadeurs jeunes du cinéma» avec pour mission de contribuer à des actions d’éducation à l’image à destination de jeunes entre 15 et 25 ans afin de leur faire découvrir l’écosystème et différents métiers autour du cinéma.
Cet appel à projet comprend deux volets : un volet départemental et un volet régional en lien avec les autres associations territoriales de l’Ile-de-France: les Cinémas Indépendants Parisiens, Cinéma Public, Cinémas 93, Ecrans VO et l’Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France.
Cinessonne a porté un projet de sensibilisation à la critique cinéma et à l’animation de séance en s’appuyant sur son temps fort, Les Rencontres Cinessonne, et particulièrement la section Repérages et en travaillant en étroite collaboration avec un critique de cinéma.
Texte de Raphaëlle, lycéenne de Massy et jeune ambassadrice
Amour Apocalypse : Une tempête émotionnelle et climatique !
Malgré tout l’amour qu’il porte aux chiens de son chenil, Adam (Patrick Hivon) se sent bien seul : il n’a que son père et son frère, est apeuré par le changement climatique et très anxieux. Lorsqu’il décide d’essayer d’améliorer son quotidien en commandant une lampe de luminothérapie, il ne sait pas que celle-ci entraînera une rencontre avec une opératrice du service après-vente, Tina (Piper Perabo), et changera son quotidien.
Anne Émond, réalisatrice des Êtres chers (2015) ou de Nelly (2016), entend ainsi mélanger dans Amour Apocalypse anxiété, changement climatique et amour. Elle nous met à la fois en position de spectateurs des évènements, avec des plans larges et des plans d’ensemble la plupart du temps, et aux côtés des personnages, lors des moments plus sérieux et complexes, par des plans rapprochés sur les visages (comme dans une scène où le père d’Adam jette ses médicaments et où ce dernier s’énerve contre lui). Les acteurs jouent en ayant des expressions prononcées, ce qui permet de pouvoir s’identifier davantage aux personnages. Amour Apocalypse est un film qui procure un ensemble d'émotions comme la colère, la peine, mais aussi le bonheur et des éclats de rire. À l’image du première appel téléphonique d’Adam à Tina, où il se confie sur ce qu’il ressent au fond de lui avant de réaliser qu’il n’a pas appelé le bon numéro, le film présente de nombreuses ruptures de tons.
Il est clair que ce film montre la réaction violente de certaines personnes face au changement climatique, notamment dans leurs liens avec leurs proches. Cependant, Amour Apocalypse montre à un niveau plus profond qu’il est possible d’essayer d’aller mieux et de reprendre sa vie en main lorsque nous sommes au plus bas. Anne Émond illustre le courage dont font preuve ceux qui décident d’être à nouveau heureux, malgré leurs peurs variées, tout comme Adam. Amour Apocalypse, un film qui allie réalité et humour pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Texte de Ossie, jeune de la mission locale et jeune ambassadeur:
Quand la romance rencontre l’Apocalypse
Amour Apocalypse est une « romcom » originale réalisée par Anne Émond, à la fois tendue et paradoxalement réconfortante. On y suit Adam (Patrick Hivon), un homme hypersensible rongé par l’éco-anxiété, dont la vie bascule lorsqu’il tombe amoureux de Tina (Piper Perabo), une femme rencontrée par hasard via le service après-vente de sa lampe de luminothérapie. Avec elle, il se sent enfin libre, compris, apaisé, et leur connexion déclenche un bouleversement intérieur si intense qu’il semble faire trembler le monde autour d’eux. On le ressent notamment dans une scène où Tina montre à Adam sa manière de s’amuser en commettant de petits délits : un moment à la fois drôle et sensuel, où l’on voit le couple se former sous nos yeux. Cette séquence est suivie d’une course-poursuite où la musique et la mise en scène soulignent le décalage entre leur bulle intime et l’agitation de l’extérieur.
Le film dépasse les codes habituels du genre : il reprend certains stéréotypes de la comédie romantique, mais y ajoute une dimension presque horrifique. Cette tonalité vient notamment de jeux de lumière très contrastés : la clarté chaleureuse des débuts laisse parfois place à une obscurité soudaine, plongeant le spectateur dans un trouble inattendu. Ce choix visuel crée une véritable tension, car l’amour est traditionnellement associé à la lumière ; ici, l’ombre fait émerger l’incertitude et/ou le danger. Le chaos, intérieur comme extérieur, accompagne ainsi le couple tout au long du récit. Après leur séparation temporaire aux deux tiers du récit, le sentiment de fin du monde d’Adam va ainsi prendre vie. La nuit qui semble tomber soudainement sur le film crée alors un choc qui détonne au milieu de la comédie. Cette alternance se retrouve aussi dans l’autre sens, comme dans une scène sur un pont où un échange profondément dramatique (Adam hésite à sauter pour se suicider) est interrompu par une chute comique. Ces ruptures de ton, qu’elles aillent du sérieux au comique ou de la lumière à l’obscurité, donnent au film une identité unique, où l’amour et l’effondrement avancent main dans la main.
Infos pratiques
Sortie le 21 janvier (L'Atelier Distribution)