Les Filles du ciel de Bérangère McNeese - Critique "Jury jeunes ambassadeurs du cinéma - Rencontres Cinessonne"

Au printemps 2024 Cinessonne a postulé à l’appel à projet  porté par le CNC intitulé «les ambassadeurs jeunes du cinéma» avec pour mission de contribuer à des actions d’éducation à l’image à destination de jeunes entre 15 et 25 ans afin de leur faire découvrir l’écosystème et différents métiers autour du cinéma.

Cet appel à projet comprend deux volets : un volet départemental et un volet régional en lien avec les autres associations territoriales de l’Ile-de-France: les Cinémas Indépendants Parisiens, Cinéma Public, Cinémas 93, Ecrans VO et l’Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France.

Cinessonne a porté un projet de sensibilisation à la critique cinéma et à l’animation de séance en s’appuyant sur son temps fort, Les Rencontres Cinessonne, et particulièrement la section Repérages et en travaillant en étroite collaboration avec un critique de cinéma.

Texte de Zélie, étudiante et jeune ambassadrice 

Dans l’intimité d’une vie

Héloïse, 15 ans, fugue de son foyer et se retrouve à la rue. Seule, sans nulle part où aller, elle fait la rencontre de Mallorie, qui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres femmes. Cette rencontre inattendue va lui ouvrir les portes d’un monde nouveau, plus dur mais qui lui permettra aussi d’être plus libre.
Chronique au jour le jour, le film déploie un enchaînement de scènes brutes, authentiques. De cette manière, Bérangère McNeese plonge le spectateur dans le quotidien de ces personnages, qui nous montre la découverte de la vie d’adulte d’Héloïse, plongée dès son plus jeune âge dans une dure réalité, tout en nous révélant les batailles de ces femmes. La réalisatrice nous offre ici un cinéma fort, vibrant, mais jamais superficiel. Nous accompagnons les « filles du ciel », au fil de leurs rencontres, leurs expériences, leurs tourments.
À travers les blessures de ces jeunes femmes, qui n’ont rien d’autre en commun que leur désir de liberté, les « filles du ciel » dépeint un univers rempli d’instabilité, via des scènes tournées en caméra portée, qui nous font ressentir pleinement les émotions de ces personnages obligés de lutter pour survivre. Pour d’autres scènes montrant leur intimité, la caméra prend du recul, donnant ainsi l’impression d’observer la scène depuis l’extérieur, laissant aux héroïnes un espace qui leur appartient. Attachantes et écorchées, ces personnages nous donnent un formidable exemple de solidarité dans un monde individualiste. Par une jolie symétrie de l’intrigue, la dernière scène forme une boucle en évoquant la rencontre initiale de Mallorie et Héloïse, concluant le film sur une note d’espoir.