La Couleuvre noire d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux - Critique "Jury jeunes ambassadeurs du cinéma - Rencontres Cinessonne"
Au printemps 2024 Cinessonne a postulé à l’appel à projet porté par le CNC intitulé «les ambassadeurs jeunes du cinéma» avec pour mission de contribuer à des actions d’éducation à l’image à destination de jeunes entre 15 et 25 ans afin de leur faire découvrir l’écosystème et différents métiers autour du cinéma.
Cet appel à projet comprend deux volets : un volet départemental et un volet régional en lien avec les autres associations territoriales de l’Ile-de-France: les Cinémas Indépendants Parisiens, Cinéma Public, Cinémas 93, Ecrans VO et l’Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France.
Cinessonne a porté un projet de sensibilisation à la critique cinéma et à l’animation de séance en s’appuyant sur son temps fort, Les Rencontres Cinessonne, et particulièrement la section Repérages et en travaillant en étroite collaboration avec un critique de cinéma.
Texte de Aline, étudiante et jeune ambassadrice
Un film splendide et rempli de délicatesse
La Couleuvre noire d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux suit Ciro, un jeune colombien retournant dans son village natal, qu’il avait quitté depuis 10 ans, pour se rendre auprès de sa mère mourante. Ce retour déterre alors ses racines et un héritage familial qu’il cherchait à fuir. Principal lieu de l’action, le désert de la Tatacoa apparaît incroyablement cinématographique et impressionnant. La mise en scène saisit le désert en privilégiant des cadres fixes ou des plans-séquences pour mettre en valeur cet espace naturel exceptionnel sans chercher à trop l‘embellir. La sobriété de ces prises de vues est à saluer, mettant en avant autant l’environnement que Ciro et son patrimoine familial.
Ce lieu offre une grande diversité de paysage : le désert arbore différentes couleurs allant du gris au bleu en passant par l’ocre, ce qui donne au film une impression de rêve éveillé. La rencontre énigmatique de Ciro et d’une gigantesque couleuvre représente bien cette sensation : on entre dans cette scène intimiste, où l’on est témoin d’un moment de partage et d’apaisement entre l’homme et l’animal, grâce à un plan particulièrement long qui laisse le temps de s’y plonger complètement, bercé par les doux sons produits par le serpent.
La Couleuvre noire offre ainsi une réelle immersion, parfois même hypnotique, au sein de cette région du monde, notamment grâce à des bruits issus directement du désert qui participent à donner vie à cet univers mystique. La Tatacoa a quelque chose de très mystérieux et semble se mêler à l’histoire de la famille de Ciro. Le conte raconté en voix off, qui sert de fil rouge de l’histoire, permet notamment d’évoquer la question de l’héritage, amenée avec sensibilité et délicatesse. Si Aurélien Vernhes-Lermusiaux souhaitait faire un film sensoriel, il a réussi son pari.
Infos pratiques
Sortie le 25 mars (ARP Sélection)