Portrait de cinéaste

 

Poursuivant le mouvement littéraire « Angry Young Men » des années 50 et participant au Free Cinéma anglais qui allait renouveler le cinéma, comme la Nouvelle vague l’a fait à une échelle mondiale , Ken Loach a fait de la classe ouvrière, des déclassés et de la jeunesse le sujet de toute son œuvre.
A l’occasion de la sortie de Moi, Daniel Blake, Palme d’Or du festival de Cannes 2016, une rencontre avec Philippe Pilard, auteur d’un documentaire sur le cinéaste anglais et la reprise de La Part des anges sont proposés dans le cadre de ce Focus.

KEN LOACH

Le samedi 12 novembre au cinéma le Calypso à Viry Chatillon

18h30: Projection du film La Part des anges de Ken Loach

20h30: Projection du film Ken Loach portrait, documentaire de Philippe Pilard, suivie d'une conversation avec Philippe Pilard

21h30 Projection du film Moi Daniel Blake de Ken Loach
 

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Ken Loach par Philippe Pilard

En près de quarante ans d'activité, le réalisateur britannique Kenneth Loach s'est taillé une place originale - sinon toujours confortable, dans le monde de la télévision et du cinéma. Chroniqueur attentif et passionné des “petites gens” et de ce que l'on appelle encore le “monde du travail” (et qui, aujourd'hui, est trop souvent celui du chômage et de l'exclusion), Loach est resté “engagé”, à une époque où l'on nous explique que ce n'est plus guère de mode... Janvier 2003 : Philippe Pilard retrouve Ken Loach à Londres. C'est l'occasion de dresser un bilan de son œoeuvre, de réfléchir sur sa méthode de travail, de revenir sur ses options sociales et politiques.

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Ken Loach biographie

Né en 1936 dans le Warwickshire, Ken Loach est le maître du cinéma réaliste social britannique. Issu d'une famille modeste, Ken Loach a suivi des études de droit au St Peter's College à Oxford où il commence à s'intéresser à l'art dramatique. Au début des années 1960, il entre dans le monde de la télévision en réalisant les premiers épisodes de la série Cars. Il poursuit par la réalisations de docu-dramas, comme Cathy Come Home, qui comportent déjà les marques de son engagement contestataire de gauche. Très tôt, ses oeuvres sont baignées du réalisme social et des revendications de la classe ouvrière, n'hésitant pas à traités de sujets jusque là tabou comme le chômage ou les sans abris. Il réalise en 1967 son premier long-métrage, Pas de larmes pour Joy. En 1970, suit Kes qui nous emmène dans une petite ville minière du nord-est de l'Angleterre, Barnsley. En 1972, il réalise Family Life qui peint la descente aux enfers de Janice qui s'enfonce dans la schizophrénie suite au confit familial. Si ses films ne rencontrent pas le succès, ils posent les premières pierres de ce que sera le cinéma de Loach : Il tient à ce que dans chaque secteur de la réalisation, les liens entre les acteurs soient naturels au point que de nombreuses scènes semblent improvisées. Il préfère employer des acteurs inconnus qui ont vécu l'expérience réelle de la vie des personnages qu'ils devront incarner. Il essaie de filmer le film de manière chronologique afin que les sentiments des personnages paraissent vrais. Les années 1980 et 1990 lui permettront de rencontrer enfin le succès, obtenant de nombreuses récompenses avec des films comme Regards et sourires en 1981, Hidden Agenda en 1990 ou Raining Stones en 1993, les deux derniers remportant le Prix du Jury au Festival de Cannes. En 1996, il commence à travailler avec le scénariste Paul Laverty pour Carla's song, leur collaboration fructueuse nous offre My Name is Joe en 1998 avec Peter Mullan devant la caméra. En 2000 il nous montre l'exploitation aux Etats-Unis des immigrés mexicains, en 2001 les difficultés d'adaptation des anciens ouvriers dans The Navigators, en 2002 la jeunesse livrée à elle-même et happée par la drogue dans Sweet Sixteen etc... Il obtient la Palme d'Or au Festival de Cannes pour Le Vent se lève en 2006. Le film est une vision controversée de la guerre irlandaise d'indépendance et de la guerre civile irlandaise qui suivit dans les années 1920. Passionné par le football, il se penche sur le lien social que constitue le ballon rond en Grande Bretagne en filmant Eric Cantona dans Looking for Eric. En 2012, il remporte son troisième Prix du Jury au Festival de Cannes avec La Part des Anges et en 2016 sa seconde Palme d'or avec Moi Daniel Blake.