Où va le cinéma français ?

Il n’est jamais évident de poser la question de sa propre cinématographie nationale au sein d’un festival européen. Aborder la question du cinéma français lors de cette 9ème édition s’imposait donc cette année pour plusieurs raisons. Si la France reste le pays européen où le plus de films sont produits, un peu plus de 200 en 2006, et diffusés dans un parc de salles très important, nous ne pouvions en rester à des éléments purement quantitatifs pour présenter la programmation de ce focus. Il nous semblait important de questionner le cinéma français avec ceux qui le font, ne pas faire de la simple programmation, d’autant que nous avons relativement accès aux films français (en salle ou sur d’autres supports). Questionner des cinéastes, des artistes, c’est obligatoirement questionner de la pensée, de l’action, de l’économie, de la politique, de la production et de la diffusion des œuvres, et donc le spectateur. C’est repartir des traces, l’histoire du cinéma, et voir les résonnances aujourd’hui, les perspectives artistiques et économiques de demain, ses formes et ses contenus.

200 films ça correspond à quoi et à qui et pourquoi et pour qui ? « Tous les films naissent libres et égaux » citait Jean-Luc Godard ? Qu’en est-il aujourd’hui lorsqu’il est plus facile de produire des films chers et plus difficilement un 2ème film ? Questionner la diffusion des œuvres, c’est regarder les salles de cinéma et ses relations exclusives qu’elles proposent entre un cinéaste et son public.

Inviter des cinéastes lors de Résidence constitue pour nous une occasion unique de leur poser cette question « Ou va le cinéma français ? », d’investir quelques jours une salle de cinéma en proposant des réponses sous formes de rencontres inédites, échanges et programmations de films.
C’est ainsi que Alain Guiraudie invite Bruno Dumont, Jérôme Bonnell, Alain Cavalier, Jean-Louis Comolli, François Bégaudeau, Nicolas Klotz, Arnaud Desplechin, Jean Douchet, Emmanuelle Bercot. Sans compter toutes les autres rencontres avec Pierre Carles, Nathalie Boutefeu, Jérôme Mallien, Frédéric Bas.

« Où va le cinéma français ? » c’est aussi 3 Cartes Blanches confiées a la revue Les Cahiers du Cinéma, au réseau de diffusion du cinéma indépendant l’Acid et à Emergence, université du cinéma installée en Essonne depuis 3 ans.

Ces Cartes Blanches seront bien évidemment l’occasion de rencontrer des cinéastes, des comédiens et des rédacteurs. Aurelia Georges, Sébastien Jaudeau, Rachid Djaïdani, Mia Hansen-Love, Sébastien Betbeder, Adrien Michaux, Constance Rousseau, Charlotte Garson, Stéphane Delorme et Cyril Neyrat seront présents lors de ces projections.

C’est aussi dialoguer avec Pascal Merigeau autour de son ouvrage Cinéma : Autopsie d’un meurtre.

« Ou va le cinéma français ? » c’est aussi des Avant-premières, notamment une au titre prémonitoire, La France de Serge Bozon.

« Ou va le cinéma français ? » c’est aussi s’inscrire dans un projet original et passionnant mené tout au long de l’année par l’association des cinémas de recherche d’Ile de France (Acrif) sur le thème « Filmer la France » et d’accueillir un volet autour de la Politique en présence du réalisateur Jean-Louis Comolli.

« Ou va le cinéma français ? » c’est aussi vérifier que les salles de cinéma sont certainement les lieux ou l’on débat le plus en France. Les 40 rencontres prévues lors du festival le prouvent une fois de plus.