Le Vent

Un film de Victor Sjöström

1928 / 73 min

Avec Lillian Gish,
Lars Hanson,
Montagu Love

d'après le roman de Dorothy Scarbourough.

Une jeune ingénue de Virginie part s'installer chez des cousins dans l'ouest du pays. Comme sa cousine lui rend très vite la vie impossible, elle accepte d'épouser un cow-boy brutal avec qui elle s'installe dans une masure en plein désert où l'on n'entend que le bruit du vent. Dans cet univers hostile – le sable vient sans cesse envahir la maison –, la jeune femme est agressée par un vagabond. Elle le tue et l'enterre avec l'aide de son mari avec qui elle n'a eu, jusque-là, aucune relation. Cette complicité leur fait découvrir leur amour mutuel.

Principal héros de ce qui fut l'un des derniers films muets, le vent obsédant semble créer le drame et accompagne l'isolement des personnages, eux-mêmes fermés l'un à l'autre. C'est la grande réussite de ce film. Lillian Gish incarne magnifiquement Letty, l'héroïne, et Lars Hanson, Lige, le fermier qui sera transfiguré par l'amour. Si le Vent (titre original: The Wind) ne fut pas un grand succès commercial, il est caractéristique de la maîtrise atteinte par les réalisateurs de la fin de l'époque du muet. Une version sonore fut réalisée plus tard.

Réalisateur et acteur de cinéma suédois (1879 — 1960).
Il devint réalisateur en 1912, sans mettre fin pour autant à sa carrière d'acteur (les Fraises sauvages
, de Bergman, 1957). Sa personnalité artistique s'affirma dès ses débuts (Ingeborg Holm, 1913; Terje Vigen, 1916; les Proscrits, 1917; la Charrette fantôme, 1920), et, devenu célèbre, il fut appelé à Hollywood où, sauf pour deux films (la Lettre rouge, 1926; le Vent, 1928), les sujets qu'on lui proposa ne lui permirent pas de s'exprimer. Sjöström sut faire alterner le lyrisme et l'observation intimiste, et se montra un très habile technicien dans l'utilisation des surimpressions et du flash-back.