Gertrud

REALISATION Carl Th. Dreyer
NATIONALITE Danemark SORTIE 1964
FORMAT 35 mm 1.66 DUREE 115 min
SCENARIO Carl Th. Dreyer
DIRECTION PHOTO Henning Bendtsen

AVEC Nina Pens Rode, Bendt Rothe, Ebbe Rode, Baard Owe, Axel Strøbye, Anna Malberg, Edouard Mielche, Vera Gebuhr, Karl Gustav Ahlefeldt

Gertrud est le dernier film de Carl Th. Dreyer. Il s’agit incontestablement d’un chef-d’oeuvre qui retrouve à cette occasion ses origines : Paris, où en 1964 il fut montré au public pour la première fois. L’accueil du public et de la critique ne fut pas unanime, mais lorsque l’année suivante Les Cahiers du Cinéma publie sa liste des dix meilleurs film de l’année, il figure en première position chez Chabrol et en deuxième chez Godard. Gertrud est un des films les plus intransigeants de Dreyer. Il y adopte un style théâtral extrêmement stylisé, avec des longs mouvements de caméra – des ‘gros plans flottants’ comme le disait Dreyer. Il s’agit d’une adaptation cinématographique d’une pièce éponyme de 1906, dont le personnage principal est une femme qui rompt avec les hommes de sa vie pour chercher son indépendance. Les dialogues semblent sans vie, exsangues, mais avec les regards des personnages qui se croisent aussi rarement que ces derniers se rencontrent, ils contribuent à créer une atmosphère méditative qui fonde en grande partie le langage formel et onirique à travers lequel ce film continue à nous parler.


CARL TH. DREYER (3.2.1889 - 20.3.1968) Le plus grand cinéaste danois. Dreyer réalise son premier film, Præsidenten (Le Président) en 1918, suivi de Blade af Satans Bog (Les pages arrachées du livre de Satan) (1920), qui, en quatre épisodes, raconte l’œuvre du Diable à travers l’histoire. Son film muet le plus remarquable, Du skal ære din Hustru (Le maître du logis) (1925), lui vaut une invitation en France. Il y réalise Jeanne d’Arcs lidelse og død (La passion de Jeanne d’Arc) (1928), qui demeure un chef d’œuvre absolu de l’histoire du cinéma grâce à son langage cinématographique unique et son intensité psychologique. Après son premier film parlant, Vampyr (Vampire) (1932), il rencontre des
difficultés à mener à bien ses projets. Il fait son retour avec Vredens dag (Jour de colère) (1943), un drame sur la chasse aux sorcières au 17ème siècle – considéré, à sa sortie, comme une allégorie sur le nazisme. Après la guerre, l’idée obsédante lui vient de faire un film sur Jésus ; une idée qui l’habite jusqu’à sa mort, mais qui, à l’instar de son projet de film, déjà très avancé, Medea, ne se réalisera jamais. En 1988, Lars von Trier reprend le scénario de Dreyer pour son téléfilm Medea. Dreyer, qui du fait de son intransigeance artistique a toujours vécu en marge du milieu cinématographique danois, réalise encore deux films avant sa mort : Ordet (1955), une adaptation bien accueillie d’une pièce de Kaj Munk, et Gertrud (1964), l’adaptation d’une pièce de Hjalmar Söderberg.