Film belge, français
(2001). Drame.
Réalisé par Thomas de Thier
Avec Sophie Museur, Francis Renaud
La
petite ville wallonne de Genappe, ses bassins de décantation
où pourrissent les déchets de betteraves et s'arrêtent
les oiseaux migrateurs. Le quotidien routinier d'une famille est
bousculé par un drame. Un enfant se noie. Cet événement
tragique et ses conséquences sont racontés sur un
mode fantastique.
Pour fuir le deuil de son fils, Blanche bascule progressivement
dans la folie.
Enfant
, il grandit à la campagne. Le jardin est une jungle
dans lequel il découvre la vie des animaux. Ceux-ci le
fascine. Il éprouve le désir de les filmer, de
capter cette liberté de voyager, de migrer, sèche
l'école pour les observer dans les campagnes, entreprend
des voyages ornithologiques. Après une série de
ratages scolaires qui le réjouissent (un mois à
L'ULB, 1 an à L'IAD d'où il se fait virer parce
que le directeur estime qu'il n'est pas fait pour le cinéma),
Thomas décide d'apprendre le cinéma en regardant
les films, comme les jeunes gens de la Nouvelle Vague. Il use
ses jeans dans les fauteuils du Musée du cinéma
et dans les salles où il découvre Godard, Hitchcock,
Terence Malick etc.). Henri Sonet l'encourage à réaliser
avec Karine de Villers Je suis votre voisin. Essai réussi,
ils décrochent le Fipa d'Or du court métrage à
Cannes et du meilleur film au Festival de Bruxelles 1991. Un
an plus tard, il réalise Je t'aime comme un fou, un court
métrage de fiction en un seul plan séquence. En
1994, il choisit autour d'Agnès Berthon, des comédiens
non-professionnels pour conter, dans Caisse Express, la journée
d'une caissière et de sa fille Aurélie. A la recherche
de l'oiseau blanc, un documentaire de création qu'il
réalise en 1995, le mène en Nouvelle Guinée
d'où il envoie des cartes postales filmées - un
dispositif narratif récurrent chez Thomas : après
tout, Je suis votre voisin est une série de cartes postales
d'une rue de Bruxelles avec ses habitants - adressées
à Aurélie (la même que dans Caisse Express).
C'est aussi le prolongement d'une obsession. Après avoir
exploré son jardin, on grandit et on explore un espace
plus grand : le monde. Il continue avec Les gens pressés
sont déjà morts, un film qui nous mène
dans le grand bac à sable qu'est le désert marocain.
Thomas redécouvre les jeux de l'enfance avec Ibrahim
qui l'entraîne dans l'économie du don plutôt
que vers l'économie de consommation dont la seule richesse
est de combler le désir par le manque. C'est aussi une
réflexion sur le temps qu'il convient de dépenser
plutôt que de mesurer. Bref un documentaire comme on les
aime à Cinergie.be, qui combine le fond et la forme du
pas léger de l'artiste. C'est dire si nous attendons
avec impatience ses deux prochains opus. Tout d'abord, Echographie,
un documentaire qui, partant de la naissance de sa fille Lilli,
a le projet de lui montrer les images du monde de ses parents,
comme des cartes postales ou - qui sait ? - l'univers de Charlie
Brown de Schutz ? Ensuite, Des plumes dans la tête ...