LUIS BUNUEL
(1900 - 1983)

le cinéaste qui a forgé le cinéma Surréaliste

 

 


Luis Bunuel en 1943

 

Avec Salvador Dali,il invente ce qui constitue le langage cinématographique du surréalisme : il a un regard féroce sur
l ’Espagne encore moyen-âgeuse en 1936 (Las Hurdes, Terre sans pain), un rire sardonique s’il s’agit d’évoquer les évangiles (Viridiana).

Il mesure l’absurdité des valeurs des nantis et leur nécessaire hypocrisie (L ’Ange exterminateur, Le Journal d ’une
femme de chambre, Tristana, Belle de jour, Le Fantôme de la liberté, Cet obscur objet du désir) qui demeurent ses cibles privilégiées, l’objet de ses sarcasmes et ses adversaires à abattre, ennemis qu ’il voit et dénonce partout, (Los Olvidados) comme les grands responsables de tous les malheurs du monde.

Site espagnol sur le centenaire de Bunuel

Il est né à Calanda (dans l'Aragon), une petite ville réputé pour son fanatisme religieux, ainé d'une famille assez aisée de 7 enfants, il doit subir (le mot est faible) les durs préceptes d'une éducation religieuse imbécile. À 14 ans, il craque, et part dans un institut laïque, où il découvre Marx, entre autres. Il y reste deux ans.

À 17 ans il part à Madrid pour commencer des études supèrieures, il rencontre Dali et Garcia Llorca, apporte son soutient aux mouvements Dadaïste, ses capacités pour les sciences naturelles le poussent à intégrer les cours du Museum d'histoire naturelle. Apès la mort de son père en 1923, il termine un diplôme en philosophie et en 1925 il part pour Paris comme secrétaire d'Eugenio Ors dans le cadre de la Société internationale de Coopération Intellectuelle. À Paris il écrit une adaptation de "Hamlet", débute dans la mise enscène au théâtre, mais surtout, il s'intéresse de plus en plus au cinéma, écrit quelques critiques pour pouvoir bénéficier d'une carte de presse. Un soir, c'est la révéllation pour Buñuel, avec la projection d'un film de Fritz Lang, "Les trois lumières" ("Der Mude Tod"). Il décide de faire du cinéma.

Afin d'intégrer ce milieu relativement fermé, il s'inscrit à l'école de comédien de Jean Epstein, son travail acharné le fera nommer assistant sur le tournage, en 1926, de "Mauprat", puis, en 1928, de "La chute de la maison Usher". Durant ces années il apprends la technique auprès des chefs opérateurs, et réussit à se faire virer du tournage de Usher pour avoir été très critique envers Epstein. La même année, il crée un ciné-club à l'université de Madrid, écrit des nouvelles, un scénario, bref, une bouillonante activité.

Toujours en 1928, sa mère lui prête suffisament d'argent pour qu'il tourne son premier film avec Dali, "Un chien Andalou", il sera projeté en privé pour Man Ray et Aragon qui, étonnés, décident de commander une projection pour le groupe des surréalistes. Dans la salle, Picasso, Le Corbusier, André Breton, Max Ernst, Eluard, Magritte, Cocteau, un public, disons... Exigeant. C'est un très gros succès (pendant cette première projection, Buñuel s'était caché derrière l'écran pour, éventuellement jeter des cailloux sur ceux qui n'auraient pas aimé le film), le film sera projeté pendant presque un an.

"L'age d'or"

En 1930 c'est "l'âge d'or" qui fera parler de Buñuel, une projection fera l'objet d'une agression par la Ligue anti-juive et la Ligue des patriotes, deux organisations fascistes. Le scandale s'étends, et le 10 décembre 1930 le film est interdit, cette interdiction ne sera levée qu'en 1981... Buñuel va passer quelques mois à Hollywood, il y rencontre Chaplin et Eisenstein, y provoque un scandale en gachant une fête de Noël (il casse tout), et revient à Madrid, où il réalise "Terre sans pain".


Avec Deneuve en 1966

Là, Buñuel va faire des centaines de choses différentes, production, montage, attaché d'ambassade à Paris, conseiller technique aux États-Unis. Mais les producteurs ont peur de ses convictions politiques (et le gouvernement demande à ce que la situation en Espagne soit occultée), du coup Buñuel est viré par Hollywood, il part pour New-York afin de travailler au musée d'Art Moderne. Il y travaille, entre autre, pour démontrer l'efficacité et le danger des films de propagande nazis (il utilise en particulier un film de Leni Riefenstahl). C'est là que Dali fait parraître son autobiographie, dans laquelle il ne ménage pas Buñuel et où il met l'accent sur son anticléricalisme et son Marxisme forcené, deux aspects de Buñuel un peu incompatibles avec un séjour aux États-Unis, les pressions se font de plus en plus difficiles à supporter, finalement Buñuel est contraint de s'exiler au Mexique.

C'est une longue et profilique carrière qui démarre, récompensé à Cannes et dans d'autres festivals. Parmi ces nombreux films, le remarquable "Los Olvidados", "El" , "La vie criminelle d'Archibald de la Cruz" ou encore "La mort en ce jardin". Ce n'est qu'en 1961 que Buñuel se voit proposer un tournage en Europe, il s'agit de "Virdiana", qui obtiendra une palme d'or mais surtout provoquera de gros remoux politiques, diplomatiques et religieux. Le film ne sortira en France qu'en 1962, après avoir connu un gros succès en Belgique, aux États-Unis ou en Angleterre.

 

Suivront "L'ange exterminateur", "Le journal d'une femme de chambre" et son dernier film mexicain, le surprenant "Simon du désert".


LE FANTÔME DE LA LIBERTE

 

Buñuel fini par habiter à Mexico et vient régulièrement tourner en France, en particulier avec Jean-Claude Carrière. "La voie lactée", "Belle de jour", "Tristana", etc. Il reçoit l'oscar du meilleur film étranger pour "Le charme discret de la bourgeoisie" et choisit d'arrêter sa carrière de réalisateur en 1976 avec "Cet obscur objet du désir". Il décède le 29 juillet 1983 à Mexico et laisse une filmographie dont "l'anarchie" (qui ne saurait masquer l'unité) lui ressemble beaucoup.

http://www.lumiere.org




BELLE DE JOUR

 

 

Luis Buñuel France
1967 1h40 couleurs

Scénario : L.Buñuel, J.-C. Carrière d ’après J. Kessel image :S.Vierny

interprétation :

Catherine Deneuve (Séverine),
Jean Sorel (Pierre),
Michel Piccoli (Husson)…


Epouse très réservée de Pierre,un chirurgien parisien, Séverine est en proie à d ’étranges fantasmes masochistes. L ’un des amis du
ménage, Husson, amateur de call-girls, lui donne un jour l’adresse d ’une “maison clandestine ”. Poussée par on ne sait quel mobile, Séverine s’y rend et devient la troisième des pensionnaires de Mme
Anaïs. Comme elle ne “travaille ”que de 2 à 5, elle y est baptisée “Belle de jour ”. Elle semble trouver son équilibre en assouvissant les désirs des clients. Mais l’aventure tourne mal :Husson la découvre dans la “maison ”, la veut comme fille, et se voit refusé. Il raconte la chose au mari, alors que celui-ci est convalescent après avoir été blessé par son amant qui voulait se réserver Belle de jour …

Séance :


Marcoussis

le 9 octobre à 20h30

 

LE FANTÔME DE LA LIBERTE

 


Luis Buñuel France
1974 1h45 couleurs
Scénario : L.Buñuel,
JC Carrière
image :E.Richard

interprétation :
Jean-Claude Brialy (M.Foucault),
Monica Vitti
(Mme Foucault),
Michel Piccoli (2ème Préfet)

 


Série d ’épisodes sans lien logique, encadrée par des scènes de répression où l’on entends en “off ” le cri de “A bas la liberté ”. Entre
autres, un couple de bourgeois trouve "répugnantes" des photos des monuments de Paris, une infirmière passe une soirée dans une curieuse auberge, on recherche une fillette lors qu ’elle est présente en chair et en os, un tueur est condamné à mort et aussitôt libéré, le cadavre de sa sœur téléphone au Préfet de Police … Un rien
fait déraper le réel, met sens dessus-dessous les comportements quotidiens.


Séance :

Marcoussis

15 octobre à 20h30

 

LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

 


Luis Buñel France
1964 1h38 n&b
Sc.:L.Buñuel ,J.-C.Carrière d ’après Octave Mirbeau image :R.
Fellous

interprétation :
Jeanne Moreau (Célestine),
Michel Piccoli
(M.Monteil),
Françoise Luganne (Mme Monteil)…



Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun : la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le fétichisme raffiné du beau-père M.Rabour …
Des escarmouches ont lieu avec le voisin, le
colérique Capitaine Mauger, l’intendant Joseph qui complote avec le sacristain chez les Camelots du roi, propose à Célestine de
l ’épouser. Lorsque la petite Claire est violée et assassinée dans les bois, Célestine le soupçonne et tente, sans succès, de le
faire condamner.


Séance :

Marcoussis

le 14 octobre 20h30

 

L ’ANGE EXTERMINATEUR

 

Luis Buñuel
Mexique/Espagne
1962 1h35 n&b vostf
Sc.:L.Buñuel,L.Alcoriza
image :G.Figueroa
musique :Scarlatti

interprétation :
Silvia Pinal (Letitia),
Jacqueline Andere
(Alicia Roc),
Enrique Rambal (Nobile)…



Un couple bourgeois de Mexico donne une réception après l ’opéra dans leur luxueuse demeure. Quelques faits bizarres émaillent la
soirée :départ inexpliqué des domestiques, les invités ressentent des impressions de déjà-vu, une invitée retire deux pattes de poulet de son sac à main … Et au moment de partir,une étrange réaction collective et inexpliquée interdit aux invités de quitter les lieux.Ils sont donc contraints de passer la nuit sur place …


Séances :


Yerres

9 octobre à 20h30 (rencontre avec J.L.Buñuel)

18 oct.18h00

LES AVENTURES DE ROBINSON CRUSOE

 

Luis Buñuel
Mexique/USA
1952 1h29 couleurs vostf
Scénario : L.Buñuel, Ph.Roll, d’après D.De Foe
image : A.Philips
musique :
LH.Breton

interprétation :
Dan O’Herlihy
(Robinson Crusoé),
Jaime Fernandez
(Vendredi),
Felipe de Alba (le capitaine)…

C ’est la fidèle reconstitution d ’après Daniel De Foë du naufrage et de la solitude du célèbre Robinson au large du Chili, à quelques 4.000 kms de toute terre habitée dans l ’archipel de Tristan de Cunha.
Un classique !

 

Séances :

Yerres :
9 oct à 16h00
16 oct à 14h00

 

LOS OLVIDADOS

Luis Buñuel Mexique
1950 1h29 n&b vostf

Prix de la meilleure réalisation,Cannes 1951.
Prix de la critique internationale,Cannes 1951.

Sc.:L.Buñuel,L.Alcoriza image :G.Figueroa
musique :R.Halffter

interprétation :
Alfonso Mejia (Pedro),
Estela Inda (sa mère),
Ramon Martinez
(son frère),
Roberto Cobo (Jaïbo),
Miguel Inclán (l’aveugle).


Dans les faubourgs de Mexico,une bande d’enfants plus ou moins abandonnés vit de chapardages. Leur chef, Jaïbo, évadé d ’un centre
de redressement, monte une expédition contre un vieil aveugle. Persuadé qu ’il été enfermé à cause d ’une dénonciation de Julian, il le tue devant Pedro, qu ’il menace de représailles s ’il le livre
à la police. Ce dernier va travailler chez un coutelier à qui Jaïbo vole un couteau. Accusé à tort, livré par sa mère séduite par Jaïbo, Pedro
est interné dans une ferme-école. Pour lui rendre confiance le directeur lui donne un billet pour acheter des cigares. Mais Jaïbo le lui vole. Pedro le convoque au combat, le dénonce publiquement,
puis va se cacher. Jaïbo le tue avant d ’être abattu à son tour par des policiers guidés par l’aveugle.


Séance


Marcoussis

11 oct à 20h30

 

CET OBSCUR OBJET DU DESIR

 

Luis Buñuel France
1977 1h45 couleurs
Sc.:L.Buñuel ,JC.Carrière
image :E.Richard

interprétation :
Fernando Rey (Mathieu Faber),
Carole Bouquet
(Conchita),
Angela Molina (Conchita)…



Satire allègre de la psychanalyse et recherche admirable sur l’ambivalence du désir, ce film de Buñuel est un chef d ’œuvre de mise en scène.

Séances


Chilly-Mazarin
17 oct.20h45
22 oct.18h30

TRISTANA

 



Luis Buñuel France-Italie-
Espagne 1972
1h45 couleurs
Sc.: L.Buñuel, J.Alejandro
d ’après P.Galdos
image :J.Aguayo

interprétation :
Catherine Deneuve (Tristana),
Frenando Rey (don Lope),
Franco Nero (Horacio)



Ces relations complexes d ’un vieillard et d ’une infirme qui se meurent où la charité cache mal la férocité de l ’appropriation de l’autre que le bourgeois nomme amour.

Séances :

Chilly-Mazarin

11 oct.18h30
14 oct.20h45

 

VIRIDIANA

 

Luis Buñuel Espagne
1961 1h30 n&b vostf
Sc.:L.Buñuel et J.Alejandro image :J.Aguayo
musique : Haendel,
Mozart

interprétation :
Silvia Pinal (Viridiana),
Francisco Rabal (Jorge),
Fernando Rey (don Jaime)





Un homme veuf depuis trop d ’années fait venir chez lui sa nièce, portrait fidèle de sa très belle femme décédée le soir de ses noces …

Cette nièce qui voulait être nonne,se refuse à lui mais veut dans le siècle faire le bien et appliquer les évangiles.

Un chef d ’œuvre !

Séances :

Chilly-Mazarin :
9 oct.20h45 (rencontre avec Charles Tesson)
10 oct.18h45

Ris-Orangis :
11 oct.20h30

Saint-Michel :
13 oct à 20h00

Montgeron
14 oct.18h30
15 oct.17h00

Marcoussis :
16 oct.20h30

Les Ulis :
18 oct.20h30
(rencontre avec Charles Tesson)

LAS HURDES (TERRE SANS PAIN)

 

C'est un terrible documentaire réalisé par Luis Buñuel dans une région des plus pauvres et des plus isolées de l'Espagne, un moyen âge où le crétinisme et le nanisme sont les séquelles directes d'un millénaire de misère et de famine…la république espagnole n'y vit qu'une injure faite à l'Espagne.


Luis Buñuel - Espagne
1932 - 30 min - N&B
Commentaire :
P. Unik, J. Acin dit par A. Jacquin
Image : E. Lotar
musique : Brahms

Séances :

Orsay 9 oct. 20h30 + débat avec Guy Magen
13 oct. 17h30