Un peu à la manière du célèbre
film emblématique de la Nouvelle Vague Paris vu par
.
, film qui posait la double thématique, à
la fois du lieu et du regard, notre programmation festivalière
se situe dans cette perspective.
Articulée autour
de quatre cinéastes, quatre regards décalés,
quatre époques, quatre styles avec comme besoin impérieux,
l'évidence d'être là et nulle part ailleurs.
Etrangers au lieu, pas au Cinéma.
Cette situation particulière
de cinéastes/passagers - ils se sont invités
là-bas - a aiguisé l'acuité de leur
regard.
Déjà,
un certain Monsieur Ripois de René Clément
en 1953, avec Gérard Philipe, fuyait les studios
pour tourner, in situ, dans les rues de Londres. François
Truffaut en 1966 tourne Farhenheit 451.
Six ans après, Sir Alfred Hitchcock retourne "
au pays " pour son avant-dernier film Frenzy. Black-listé
aux USA, Joseph Losey s'installera en Angleterre pour, entre
autre, L'Accident et The Servant. Pour d'autres raisons
Stanley Kubrick à son tour élira résidence
à la périphérie londonienne.
L'histoire n'est pas récente.
Attardons nous simplement sur les quatre cinéastes
présentés : Damien O'Donnell Fish and Chips
, Patrice Chéreau Intimité , Arnaud Desplechin
Esther Kahn et Aki Kaurismaki J'ai engagé un tueur.
Que ce soit la communauté pakistanaise de Salford,
la fascinante Esther Kahn du Londres fin XIXème,
l'animalité d'un couple au cur du récit
d'Hanif Kureishi et de Patrice Chéreau ou encore
l'ironique mélancolie de Jean-Pierre Léaud,
aucun de ces quatre films n'existerait, en dehors de ce
lieu de tournage si particulier, où modernité
et conservatisme s'emmêlent : l'ANGLETERRE.